18.09.2006
Défaite du contre-modèle suédois
Hier la coalition de droite suédoise a battu largement le parti social démocrate qui régnait sur le pays quasiment sans partage depuis 50 ans. Il s’agit d’une nouvelle d’importance y compris dans le débat politique français.
Le fameux « modèle suédois » dont le parti social démocrate a été l’artisan est en effet souvent pris en exemple par les socialistes français sur le thème : forte redistribution, faible taux de chômage, services publics dynamiques, etc.
Plusieurs bémols sont à apporter. D’abord, sur le service public et sa gestion, l’approche suédoise est loin du modèle étatiste français. Tout d’abord, la Suède a grandement rationalisé la gestion de ses services publics en réduisant les effectifs, les dépenses et en améliorant la productivité. En outre, elle n’a jamais eu peur d’employer des prestataires privés y compris au niveau des chemins de fer.
Pour ce qui est du modèle social, le constat qui s’impose aujourd’hui est que le fameux Etat providence suédois protège tellement bien les citoyens qu’il finit par les étouffer. Ainsi, des études ont montré que le taux de chômage officiel était très loin de la réalité et qu’on pouvait considérer qu’il dépasse les 10% si on adopte les critères OCDE.
En fait, le très généreux système de couverture social dissuade de nombreuses personnes de rechercher un emploi. Par ailleurs, le dynamisme entrepreneurial est en panne. La fiscalité confiscatoire (impôt sur le revenu à 60%) servant à financer une sécurité sociale dispendieuse, constitue un indéniable frein à la création. D’ailleurs, l’essentiel des grandes entreprises suédoises d’aujourd’hui ont été créées il y a plus de 50 ans.
En réalité, la Suède a longtemps vécu sur les dividendes de sa position de pays neutre pendant la deuxième guerre mondiale. Banquier et marchand d’armes à la fois des nazis et des alliés, ce pays n’a pas eu de perte de population ni à supporter le coût de sa reconstruction.
Aujourd’hui, les effets positifs de cette manne tendent à s’estomper et les réalités économiques reprennent le dessus. Le modèle suédois n’est ni copiable ni même un modèle : c’est un contre-modèle.
Comment qualifier autrement un système où l’administration absorbe la majeure partie des richesses du travail dans le seul but de les redistribuer sans contrepartie. Est-ce une société qui appelle au dépassement de soi ? Est-ce là l’avenir ? Comment imaginer qu’un Eiffel, un Peugeot ou un Ford puisse émerger dans une société où le seul objet est de préserver un confort illusoire et paralysant.
Espérons que les réformes à venir libère toutes les énergies dont recèle la jeunesse suédoise et qui apparaissent lors des évènements sportifs.
David Méheut
11:17 Publié dans L'Europe et le Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : UMP, 2007, Sarkozy, Jeunes Populaires, Jeunes Populaires Paris, Actu


Commentaires
Après le modèle suédois, il ne leur restera plus que le modèle Cubain?
Ecrit par : Dupont | 18.09.2006
D'autant plus que le nombre de fonctionnaires avait été réduit de moitié entre 1990 et 2005...
Cette victoire de la droite confirme ce que nous pensions. Lire à ce sujet l'excellent article de "The Economist"
Ecrit par : Arnaud | 18.09.2006
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