03.01.2007
Et si on reparlait d'Europe?
Depuis les 55% du non au référendum du 29 mai 2005, l’idée européenne est en panne en France. Les discours dominants ces derniers temps consistent à essayer de trouver une formule a minima autour du plus petit dénominateur commun. Nicolas Sarkozy propose ainsi de faire voter la partie purement institutionnelle du traité ce qui n’est finalement pas si mal quand on compare le projet de sa rivale socialiste, Ségolène Royal, qui attend que les gens lui disent ce qu’ils veulent (véridique) ...
Faut-il se résigner à l’échec du 29 mai ? Il y a de bonnes raisons pour considérer que cette défaite de l’Europe n’est pas définitive.
Premièrement, le vote non s’explique avant tout par des raisons internes : une sanction des partis de gouvernement (PS, UDF, UMP).
Ensuite, le vote non était en partie lié à un tissu d’âneries juridiques développées souvent avec la plus parfaite bonne foi par des idéologues s’improvisant juristes. Que n’a-t-on pas entendu ? L’Europe était la source de tous nos maux, des hordes de plombiers polonais allaient envahir nos villes, le droit à l’avortement serait remis en cause, il n’y aurait plus de législation sociale, etc.
Le problème est que dans le bazar médiatique, ce genre d’affirmations grossièrement erronées est toujours plus audible que la vérité.
Faut-il renoncer à l’adoption d’un traité constitutionnel par voie de référendum populaire ? Même si cela n’est pas politiquement correct, force est de constater que l’expérience du 29 mai 2005 n’est pas à porter au crédit de la démocratie directe tant les arguments les plus absurdes et erronés y ont joué un rôle crucial.
Une chose est certaine : dans cette économie mondialisée, face aux questions du terrorisme et de la criminalité internationale, de la recherche ou de l’autonomie alimentaire, nous avons besoin d’une Europe forte et efficace. Une action est nécessaire, laquelle devra respecter les spécificités culturelles et sociales des Etats membres.
Il faut probablement totalement repenser l’Union Européenne. Il ne faut pas que nous cherchions à reproduire un schéma national au niveau de l’Europe. L’Europe politique doit être une Europe de projets (recherche, coopération en matière de sécurité, d’immigration etc.) autour d’Etats pionniers, elle doit être également une puissance commerciale qui défendent les intérêts européens à l’extérieur et assure une véritable intégration à l’intérieur.
Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille en revenir aux schémas archaïques des souverainistes qui veulent une Europe des Nations où toutes les décisions devraient être prises à l’unanimité. Il s’agit au contraire de permettre une action efficace dans un cadre souple et dynamique.
Nous avons besoin de l’Europe. Il faut donc faire en sorte que les français prennent bien conscience de cette réalité.
David Méheut
16:00 Publié dans L'Europe et le Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Sarkozy, Jeunes Populaires, Jeunes Populaires Paris


Commentaires
Bravo pour votre blog ! Je me permets de vous signaler le mien : http://legauchisterepenti.oldiblog.com
Librement votre.
Ecrit par : le gauchiste repenti | 04.01.2007
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