18.09.2009

Les responsables de la pauvreté sans fin du débat politique

Ca me frappe depuis quelques jours : jamais nous ne sommes tombés aussi bas dans le niveau du débat politique. Je n'ose pas dire qu'on touche le fond, l'avenir m'inquiète sur ce sujet.

 

Récapitulons les différentes polémiques des 15 derniers jours :
1) La buzz sur Brice Hortefeux, et la chasse à l'homme médiatique qui s'en est suivie
2) Le geste - certes déplacé - de Besson à l'égard d'un journaliste
3) La polémique pour savoir si oui ou non Sarkozy a fait placer derrière lui une femme plus petite que lui
4) La polémique lancée à partir de chiffres fantaisistes par le syndicat SUD sur le coût de la visite de Sarkozy dans un hôpital où il était invité
Utilité de ces 4 polémiques : nulle
Temps consacré dans les médias : immense

 

Et pendant ce temps là, le G20 - destiné à prendre des mesures pour que la crise actuelle ne se reproduise plus - se prépare, et alors là, ça n'intéresse quasi-personne, et surtout pas la gauche.
Même s'il est vrai que le gouvernement a prêté le flanc aux critiques, je suis effaré de voir que ces dernières se focalisent sur des broutilles alors que, dans le même temps, les socialistes disent "Circulez y'a rien à voir" sur les fraudes au sein de leur parti.

 

Qui est responsable de cette faiblesse ?
A priori 4 entités sont impliquées :

  • L'opposition - d'où qu'elle vienne - a une grande part de responsabilité : en demandant la démission de tel ou tel pour avoir osé blaguer, elle démontre son incapacité à analyser objectivement le travail de fond. Vous remarquerez qu'elle a demandé la démission de Brice Hortefeux sans jamais mentionner son bilan ou son travail, ce qui me semble surréaliste.
  • Le gouvernement a inutilement prêté le flanc aux critiques.
  • Les médias : ils sont entre le marteau et l'enclume. Ils doivent à la fois maintenir leur audience (télévisuelle ou écrite) et traiter l'information pour ne pas se transformer en vulgaire page de faits divers. A mon sens, ils manquent parfois un peu de caractère, même s'ils sont otages de leur besoin d'audience.
  • Le peuple : c'est là qu'est la clé. Je pense que le peuple n'est pas toujours à la hauteur des enjeux, et qu'il se focalise spontanément sur des broutilles. Ces récentes pomémiques, par le succès qu'elles ont rencontré sur Internet, montre malheureusement que les gens y accordent de l'importance.

 

Dans la mesure où le traitement de l'information n'est plus réalisé par les dirigeants de gauche (trop affairés à s'entretuer) ni par les médias traditionnels (concurrencés par Internet), ce traitement de l'information doit, dans la mesure du possible, être fait par le peuple lui même.

 

C'est donc la conjonction de l'effondrement idéologique de l'opposition et de l'affaiblissement des médias traditionnels qui est responsable de cette chute du niveau du débat politique ; et si ces deux paramètres ne changent pas, il va falloir que le peuple lui-même fassent le tri des informations utiles inutiles.

 

Vaste chantier...

 

 

 

23.07.2009

Stop aux soupçons sur les sondages

Et revoilà une vieille rengaine de la gauche, qu'elle nous sort lorsque tout va mal pour elle : les sondages influencent l'opinion (évidement en faveur de la droite).

 

Premier point, dont la gauche ne se soucie jamais : quelle est l'impact des sondages sur les votes ou l'opinion des gens ?
Les exemples sont nombreux de formations ou de personnalités politique sur ou sous côtées dans les différents sondages, ils n'ont jamais justifié du résultat d'une élection. Reprenons quelques exemple :
2002 : Jospin légèrement sur côté -> Défaite
2007 : 1er Tour Présidentielle : Sarkozy sous-côté -> Victoire
2007 : 2ème Tour Présidentielle : Sarkozy sur-côté -> Victoire
2007 : 2ème Tour Législative : Droite sur-côtée -> Victoire
2009 : Européennes : Bayrou sur-côté -> Défaite
2009 : Européennes : PS sur-côté -> Défaite
Il apparait donc clairement qu'il n'y a pas de lien entre la sur-cotation ou sous-cotation dans les sondages et le résultat final. Et certainement pas, comme le dit la gauche, de lien entre la surcotation et la victoire.

 

Deuxième point, c'est tenir le peuple en piètre estime que de croire qu'il se laisse influencer par les sondages. Vous en connaissez beaucoup des gens qui disent "j'étais contre, mais depuis la lecture de ce sondage, je suis pour" ?  C'est malheureusement dans la lignée de la gauche depuis quelques années : ne réussissant à comprendre la population, la gauche tort les décisions du peuple jusqu'à l'extrême pour les justifier par des délires sur les sondages et les médias.

 

En ce moment c'est Opinion Way qui est sous le feu : les méthodes ne sont pas bonnes, collusion avec le pouvoir (on croirait entre Bayrou avant les Européennes, ça ne lui a pas franchement réussi)... N'hésitez pas à ramener la gauche à des faits : Combien de sondages erronés ? Sur combien de sondages produits ? Quelle marge d'erreur ? Quelle impact dans l'opinion ? Généralement l'argumentation adverse se délite complètement.

 

Dernier point, rappelons que les sondages sont des méthodes statistiques, qui génèrent nécessairement des erreurs. Ils ne sont que ce qu'ils sont : des clichés instantnés de l'opinion de la population, qui ne présagent pas de l'avenir. Il n'y a donc pas lieu d'extrapoler leur pouvoir de conviction sur la population.

 


Bref, il est important de ne pas se cacher derrière de fausses excuses pour justifier ses erreurs. C'est un écueil dans lequel il est facile de tomber - la gauche ne cesse de le faire depuis 7 ans - mais qui ne mène nulle part.

 

Rémi

29.11.2006

Dé-po-li-ti-ser

Remarquable éditorial d'Alain Madelin sur www.cerclesliberaux.com , qui nous incite à la vigilance face à la tentation du tout-politique.

La question n’est pas de mieux faire participer les Français aux choix politiques collectifs, mais de réduire leur domaine au profit des choix individuels.

Aux magasins réunis des présidentielles, il y a effervescence au rayon bricolage des idées.
Un nouveau produit vient d’apparaître; le «jury citoyen» lancé par Ségolène Royal. Certains de s’extasier, d’autre de surenchérir (Pourquoi ne pas filmer le Conseil des ministres ?). ou de dénoncer le maoïsme rampant de propositions «en droite ligne du trotsko populisme latino américain» (Alexandre Adler dans le Figaro). Il est vrai que la formulation de Ségolène Royal est ambigüe : «les élus pourraient être obligés de rendre des comptes à intervalle régulier avec des jurys citoyens tirés au sort qui évaluent les politiques publiques». Coté jury, on pense aussitôt à un tribunal populaire chargé de juger les élus. Côté évaluation des politiques publiques, on imagine un forum délibératif permettant de construire une opinion, ce qui d'ailleurs ne serait pas sans vertu.

Accordons à Ségolène Royal, au bénéfice du doute, le droit à l’erreur sémantique ou conceptuelle pour aller au fond de la question qu’elle pose, certes, maladroitement. Ce qui est en cause ce sont les dysfonctionnements de la démocratie française.

Une fracture politique s’est installée entre les français ordinaires, les institutions et ceux qui les dirigent. Elle se nourrit de l’impuissance publique à résoudre les problèmes essentiels (le chômage, l’école, la crise des cités, la protection sociale, le pouvoir d’achat...)

La multiplicité des affaires de corruption, les scandales comme ceux du sang contaminé ou l’affaire d’Outreau entretiennent la défiance. Et notre démocratie représentative malade apparaît ballottée entre une démocratie d’opinion capricieuse et une démocratie de revendication dispendieuse.

On ne peut bien entendu séparer la démocratie de l’opinion mais le rôle du politique n’est pas de plaire à l’opinion ou de la suivre, il est de l’informer et de la former. De même, s’il est normal que les revendications des corporations puissent s’exprimer, les minorités bruyantes, menaçantes ou influentes n’ont pas à faire la loi.

Sur de tels décombres démocratiques, voici donc la classe politique, toutes tendances confondues, qui cherche à mieux légitimer ses décisions et ses choix politiques. Si les élus locaux n’ont d’ailleurs pas attendu ce débat pour mettre en place comités de quartier et autres formes de démocratie participative, au niveau national, la tâche est beaucoup plus complexe.

Ce n’est pas en suivant une opinion, inquiète et déboussolée, émotive et souvent manipulée, volontiers incline aujourd’hui à se tourner vers les rebouteux après tant d’échecs de la médecine politique officielle, que l’on trouvera les remèdes aux problèmes du pays. Ce n’est pas danvantge en institutionnalisant la participation des corporations à la confection de la loi (voir "
la loi des syndicats" ).

La question n’est pas d’organiser une meilleure participation des citoyens aux choix politiques collectifs, mais de réduire notre trop plein de choix collectifs.

En fait notre société se divise entre
- d’un côté, une économie marchande productrice de richesse et d’emplois, soumise à la concurrence où le consommateur commande
- de l’autre un large domaine public qui échappe à la concurrence (du moins nationale) et où le politique commande.

Notre niveau de dépenses publiques record (53,6% du PIB) trace la frontière entre ces deux domaines. Au fil des ans, le domaine des choix collectifs n’a cessé de s’étendre au détriment des choix individuels.

Ceci freine la croissance et l’emploi. Ceci pèse aussi sur les citoyens qui dans une société toujours plus ouverte, plus complexe et plus diverse ne se reconnaissent pas dans ces choix collectifs : les 35 heures pour tous, la retraite fixée arbitrairement à 60 ou 62 ans, l’assignation à résidence de ses enfants dans l’école imposée par la carte scolaire...

Ce « one size fits all » (la même pointure pour tous ) -comme disent les Américains- ne tient pas compte des situations particulières et fabrique mécontentement et ressentiment. Pire même, comme la bureaucratie finit par s’apercevoir de l’absurdité de ces choix collectifs obligatoires, elle tente de les corriger au travers de multiples dérogations, de passe-droits, de faveurs particulières octroyées arbitrairement sous la pression de l’opinion et des corporations. D’où une complexité administrative qui alimente le travail des fonctionnaires, fait le bonheur de quelques initiés et le désarroi démocratique des Français.

Il ne s’agit pas tant de faire participer les citoyens ou les syndicats à la prise de décision collective, que de donner chaque fois qu’on le peut la plus large liberté de choix au citoyen ou au consommateur.

Imaginons que l’on institue un service public de boulangerie d’Etat. Dans l’hypothèse – assez vraisemblable – ou la qualité du pain ou du service s’en ressentirait, il est douteux qu’une large concertation syndicale ou des comités d’utilisateurs décentralisés puissent obtenir de meilleurs résultats qu’une franche concurrence des boulangers et une liberté de choix des consommateurs.

Sans aller jusqu’à cet exemple virtuel, on se souvient de l’ORTF du monopole d’Etat sur la télévision et du service minimum les jours de grève. La liberté audiovisuelle a assurément apporté une meilleure réponse que n’importe quelle participation citoyenne ou syndicale. Ce qui était vrai hier de la télévision ou du téléphone l’est aujourd’hui -pour peu que l’on y réfléchisse- de l’école, des universités, du travail (conditions de travail et contrats de travail) de la sécurité sociale, des retraites...

Il ne s’agit pas forcement dans tous ces domaines de renoncer au rôle de l’Etat mais celui-ci peut tout aussi bien et même mieux s’exercer au travers d’un cahier des charges pour les services d’intérêt général. Ainsi au menu unique du choix politique collectif on substitue le choix à la carte du citoyen responsable.

23.11.2006

MAM et Villepin: halte au sabotage!

A l'université d'été de l'UMP, tous les leaders de la droite - y compris Michèle Alliot-Marie et Dominique de Villepin - affichaient l'unité de l'UMP.

Aujourd'hui, alors que le parti socialiste a désigné sa candidate, MAM et Villepin cherche à destabiliser Nicolas Sarkozy par une série de coups médiatiques, prenant prétexte de désaccords ponctuels sur telle ou telle partie du programme de l'UMP ou de Nicolas Sarkozy.

Les militants et sympathisants de l'UMP n'attendent qu'une seule chose: si ces gens veulent être candidat pour l'UMP, qu'ils en demandent le soutien et qu'ils n'affaiblissent pas le parti sur l'autel de leurs ambitions personnelles.

Pour ma part, je pense que, sans être d'accord avec la plupart de ces idées -du moins celles qu'elle a exprimées...- Ségolène Royal incarne une nouvelle génération de personne politique. Le seul qui puisse à droite incarner cette modernité, c'est Nicolas Sarkozy.

MAM a été à la tête du RPR pendant plusieurs années et elle n'a jamais marqué les esprits. Quant à Villepin, sa gestion du CPE a montré une totale déconnexion avec les réalités du terrain et la manière de faire passer une réforme difficile.

Si ces gens, qui sont des hommes et femmes de qualité, veulent briguer le soutien du parti et le respect des sympathisants, qu'ils se conforment aux règles.

En 2007, nous n'avons pas le droit à l'échec. Si Ségolène est élue, elle sera obligée de gouverner avec la gauche plurielle, majoritairement anti-européenne, favorable à la généralisation des 35h, hostile à toute réforme du service publique, convaincue que les retraites ne sont pas menacées et que la dette publique n'est pas un souci...

Ce que propose Nicolas Sarkozy, c'est de s'inspirer des succès de nos voisins Européens (Espagnols, Danois, Anglais, Hollandais) pour recréer un nouveau modèle social français où l'emploi est au centre. 

David Méheut

25.10.2006

La contribution de la sensibilité démocrate et populaire au Projet de l'UMP

50 parlementaires de la sensibilité Démocrate et Populaire ont présenté mardi 24 octobre 2006 autour du député Pierre Méhaignerie leur contribution au projet législatif de l’UMP, en présence de Philippe Douste-Blazy et de Jean-Louis Borloo.

En insistant sur le souci de proximité avec le terrain et de liberté de débat qui ont animé leur réflexion, les parlementaires présents ont décrit quatre grandes lignes directrices :


1) S’appuyer sur des valeurs, en particulier la responsabilité, et à un corps de doctrine autour de penseurs sociaux-libéraux (Tocqueville, Aron, Schumpeter, Mounier, Rawls).


2) Oser dire la vérité sur l’état de la France, sur le retard qu’elle a pris depuis 25 ans et sur ses causes, en ne reculant pas devant les comparaisons avec nos voisins.


3 )Ne pas séparer le progrès social sur la réussite économique, en passant d’une société de défiance à une société de confiance, avec un Etat plus efficace, des dépenses publiques mieux maîtrisées, un vrai choc de confiance pour les PME-PMI, et enfin une économie de savoir plus performante.


4)Montrer que le projet socialiste est en réalité antisocial, à l’opposé des mesures innovantes et concrètes proposées par Nicolas Sarkozy.


« Notre objectif politique est de conquérir l'électorat populaire, les ouvriers et les employés. Nous pensons que nous sommes mieux à même que les socialistes, avec notre projet, d'apporter une réponse à leurs attentes », a affirmé Pierre Méhaignerie.

Toutes les propositions des parlementaires de Démocrate et Populaire sont disponibles sur le site www.democrate-populaire.org

23.10.2006

35 heures: la responsabilité de la gauche

« Abaisser le temps de travail en pleine mondialisation, au moment où tous les pays étaient en train de renforcer leur compétitivité, a constitué une faute considérable à l'origine de la diminution du pouvoir d'achat » affirme François Fillon dans une interview au quotidien Le Parisien (21/10/06).

« Quand on fait le comparatif international des heures travaillées, on s'aperçoit que la France est grosso modo 20 % derrière les Espagnols, 27 % derrière les Danois, 33 % derrière les Britanniques et 40 % derrière les Américains » constate le conseiller politique de l’UMP. « Même avec des performances exceptionnelles en terme de productivité, tout le monde comprend que la France est pieds et poings liés par les 35 heures. (…). Il ne faut pas s'étonner, dans ces conditions, de voir notre pays reculer dans tous les grands classements internationaux à caractère économique, d'éducation ou de santé ».

« Pour permettre à la France de rattraper son retard », l’UMP propose « de libéraliser les heures supplémentaires directement au niveau de l'entreprise, indépendamment des accords de branche ». « Afin de rendre les heures supplémentaires plus attractives, tant pour les salariés que pour les entreprises, nous les détaxerons » assure celui qui a la charge d’élaborer le projet de l’UMP. Autre mesure importante : « la monétarisation du compte épargne temps : en clair, une partie des RTT placées sur les comptes épargne temps pourront être transformées en heures travaillées, et donc rémunérées, sur la base du volontariat ». « Ces mesures seront étendues bien évidemment à la Fonction publique ». « Au total, celui qui voudra rester aux 35 heures le pourra, celui qui voudra travailler aura la liberté de le faire ».

A la question « pourquoi ne pas revenir carrément sur la durée légale du travail », l’ancien ministre des Affaires sociales se fait l’avocat des salariés estimant qu’il serait inacceptable de leurs demander de « travailler 39 heures en étant payés 35 ».

Pour répondre à une préoccupation majeure des Français, à savoir la question du pouvoir d’achat, nous dirons aux Français : « vous pourrez travailler plus et si vous travaillez plus vous gagnerez plus grâce aux heures supplémentaires » assure François Fillon.

04.10.2006

L'urgence de la réforme de l'enseignement supérieur

Par Claude Goasguen,
Député de Paris
Délégué général chargé de la Recherche et de l'Université à l'UMP.
Parue dans Le Figaro du 3 octobre 2006 ( www.lefigaro.fr )


La France vit depuis 1968 dans la crainte des manifestations étudiantes. Aucun gouvernement n'a réussi à réformer depuis, en profondeur, un système qui n'est plus adapté au monde moderne.

Personne ne peut se satisfaire de ce retard, ni les étudiants aux possibilités d'emploi raréfiées, ni les professeurs condamnés à une déqualification de fait, ni les chercheurs qui manquent de moyens. Les barèmes internationaux d'évaluation de nos universités, même s'ils sont controversés, sont révélateurs de notre lenteur à nous adapter.

Il est temps de proposer une véritable refondation de notre enseignement supérieur et d'ouvrir un vrai débat politique au niveau national, en sortant des éternels colloques et des rapports aussitôt oubliés. L'Université est la clef de l'économie de la connaissance de demain. Il est temps d'en parler et ce débat devra être au centre de l'élection présidentielle en 2007.

Deux impératifs politiques préalables s'imposent. D'abord, remettre l'éducation et en particulier l'enseignement supérieur au coeur de l'ascenseur social. Cela passe par l'élévation globale du niveau de formation, une diminution des échecs en premier cycle, une meilleure insertion professionnelle des diplômés. Ensuite, et cela sera plus difficile, l'Université doit accompagner le passage de la société à une économie performante du savoir : la symbiose entre Université, recherche et entreprise n'est pas un sujet tabou.

Les aménagements postérieurs à 1968 n'ont pas rompu totalement avec cette idée bien française que la finalité de l'Université n'est pas de s'adapter mais de transformer la société. Ce schéma postmarxiste fondé sur l'antagonisme entre l'Université et une société refusée dans son principe reste dans l'esprit assez répandu. Finissons-en définitivement avec cette vision passéiste.

Le débat opposera alors les conservateurs, corporatistes de droite et idéologues de gauche, unis à ceux qui, à droite comme à gauche, entendent mettre l'Université à l'heure de la mondialisation et de la compétitivité internationale.

Il faut d'abord régler la question des structures, de la diversification et de l'autonomie. On confond l'ouverture de service public de l'enseignement supérieur au plus grand nombre d'étudiants avec l'uniformisation des structures d'accès et de recrutement pour tous. Cette pratique méconnaît l'infinie diversité de l'enseignement supérieur. La généralisation des procédures d'une éventuelle sélection ne serait pas acceptée par des couches sociales qui voient, à juste titre, dans l'accès aux universités un facteur de mobilité et de progrès. Mais le refus de toute sélection entraîne à l'inverse un afflux d'étudiants qui coule l'ensemble du système. Il faudrait sans doute substituer à l'uniformité traditionnelle une approche diversifiée des structures universitaires.

La diversification d'accès selon les filières permettrait d'en finir avec celles sans débouché réel qui voient s'accumuler des milliers d'étudiants prolongeant indéfiniment leurs études. La diversification de fonctionnement au sein d'unités davantage autonomes paraît aussi nécessaire : on ne gère pas des unités de lettres classiques comme on gère des départements scientifiques. Cela permettrait de rapprocher les grandes écoles et les entités de recherche, trop éloignées des universités.

L'Université « de masse » uniforme, née du baby-boom, doit laisser place à des universités différenciées, complémentaires, regroupées et mises en concurrence par une évaluation systématique. Elles devront être regroupées pour parvenir à une vraie dimension internationale. Il est temps d'en finir avec la confusion entre aménagement du territoire et politique universitaire.

La question de l'autonomie passe surtout par les modalités de financement. Beaucoup de présidents d'université réclament une augmentation relative des droits d'inscription des étudiants, qui sont les plus bas d'Europe. On pourrait, là encore, diversifier les frais de scolarité en fonction de l'avancement de l'étudiant dans ses études, système qui s'accompagnerait de prêt garanti par l'État, remboursable après l'obtention d'un contrat de travail stabilisé.

Le système devrait permettre à chacun de surmonter les inégalités liées à l'origine sociale, en améliorant la qualité de vie des milieux universitaires dont le niveau se dégrade à tout point de vue et surtout dans le domaine du logement.


Mais nous serions loin du compte si l'on devait se limiter à l'augmentation de politiques déjà existantes. Nous ne pourrons pas longtemps faire peser sur l'État seul, l'ensemble du poids financier des universités pour parvenir à un rang compétitif. Les collectivités territoriales ne doivent plus se contenter de financer des locaux universitaires éparpillés sur le territoire national, et doivent être associées à la diversité des cursus universitaires, ce qui n'entame en rien la question « théologique » du diplôme national.

Il faudra intégrer bien sûr massivement le secteur économique privé et associatif à la refondation des universités. Des structures académiques pourraient collecter et récupérer une part des taxes professionnelles et d'apprentissage entre autres, une politique de défiscalisation devant se généraliser. En contrepartie, le secteur économique devra devenir un acteur à part entière, à l'instar de l'État et des collectivités territoriales. Le financement diversifié et multiple reste encore la meilleure garantie d'une autonomie.

Faut-il avoir peur de débattre de ces questions lors de la grande échéance politique de 2007 ? Devons-nous continuer à pratiquer la politique de l'autruche devant des faits probants de l'affaiblissement de nos structures universitaires ? À l'évidence les Français ont besoin de changements qui ne se borneraient pas à des discours et des réformettes. Demain l'économie du savoir dominera la France et le monde, peut-on imaginer que l'Université soit absente de ce changement de société ?

27.09.2006

Le mirage des modèles, par Alain Madelin

 Tribune parue sur le site www.cerclesliberaux.com

Le modèle social démocrate suédois vient d’être désavoué. Le modèle travailliste blairiste est à bout de souffle. Oublions les modèles et cherchons les quelques règles économiques qui font le succès des réformes.

La France aime bien les modèles, à commencer par le sien. Et la glorification de notre «exception française» sert trop souvent d’alibi à ceux qui combattent les réformes nécessaires qu’ils dénoncent comme contraire à notre identité culturelle.

Nous avons cependant aussi une propension à invoquer des modèles étrangers qui pourraient inspirer quelques réformes. On se souvient de l’abondante littérature qui invitait naguère la France à suivre le «modèle rhénan» peu avant sa complète déconfiture. Plus récemment, en matière d’emploi on nous a donné le modèle danois ou encore le modèle canadien pour la réforme de l’Etat.
Le recul historique montre d’ailleurs que cette propension des hommes politiques français à admirer un modèle étranger commence le plus souvent au moment où celui-ci donne des signes d’essoufflement.

L’actualité vient de nous en apporter une nouvelle fois la preuve avec une partie la Gauche qui découvre les vertus du modèle social démocrate suédois au moment où les Suédois eux-mêmes choisissent de s’en débarrasser. La réalité c’est que si la Suède semblait bénéficier d’une insolente bonne santé économique celle-ci était essentiellement le résultat des réformes libérales (diminution de la taxation marginale, réforme de l’Etat providence, ouverture à la concurrence, indépendance de la Banque Centrale, privatisation partielle des retraites, chèque éducation...). Mais la volonté d’aller plus loin, de restaurer davantage de liberté sur le marché du travail, de baisser les impôts et d’élargir la sphère de la concurrence à des activités exercées aujourd’hui dans le cadre public, l’a emporté chez les électeurs.

De même, il y a quelques paradoxes à voir aujourd’hui Nicolas Sarkozy et même Ségolène Royal chercher à endosser le costume de Tony Blair au moment où son propre parti le pousse vers la sortie et où les conservateurs marquent des points. Ayant souvent fait nous-mêmes l’éloge du réformisme de Tony Blair, de ses propos courageux, on ne peut que se réjouir de cette dé-diabolisation d’un leader « libéral travailliste » dont il faut bien rappeler tout de même qu’il a vécu pour une bonne part à crédit sur l’héritage de Margaret Thatcher.
La réalité pour les libéraux c’est qu’il n’y a pas de modèle idéal, de modèle importable. En revanche, « le benchmarking » c’est à dire la comparaison des performances des solutions proposées par différents pays est fortement instructif. Il y à l’évidence à l’étranger des choses qui marchent mieux que chez nous. Mais ce serait assurément une erreur que de vouloir calquer les solutions étrangères pour résoudre nos problèmes.

Chaque « success story » est spécifique à un pays. Mais il existe cependant derrière chacun de ces «modèles» un cadre de règles économiques bien agencé qui en explique le succès : la responsabilité (on fait généralement plus attention lorsque l’on dépense son propre argent que lorsque l’on dépense celui des autres), l’ouverture à la concurrence pour améliorer le rapport qualité prix d’un bien ou d’un service par la privatisation ou la délégation d’un service d’intérêt général, la récompense des mérites du management, l’organisation de marchés pour permettre une allocation optimum du travail ou des capitaux, une très large liberté des prix et des contrats de travail sur le marché...

Ce n’est donc pas le pseudo modèle étranger qui doit être copié, c’est son cadre de règles économiques efficaces qui doit être adapté aux réalités des obstacles qui sont les nôtres pour être misent en oeuvre.
Dans un pays comme la France où pèsent si fortement les groupes de pression favorables au statu quo, les libéraux - parce qu’ils sont audacieux - sont des libéraux prudents. Ils se méfient des annonces théâtrales de grandes réformes. Ils croient davantage à l’ouverture de nos grands systèmes bloqués par l’introduction de germes de liberté pour permettre une offre plus large (les établissements scolaires autonomes, les assureurs sociaux concurrents dans le cadre d’une délégation de gestion de service public...) et ouvrir des espaces de choix individuels à côté (ou à la place) des choix collectifs.

Bref, s’il n’existe pas de modèle étranger idéal à copier, il existe en revanche des lois économiques liées au comportement humain dont le respect peut permettre de créer un modèle français d’efficacité, de plein emploi et de prospérité partagée.

Alain Madelin

27.06.2006

L'autre visage du libéralisme

Warren Buffett, deuxième fortune du monde, a annoncé, dimanche 25 juin, son intention de donner près de  37 milliards de dollars, soit 29,6 milliards d'euros, à des organisations caritatives dirigées par son ami Bill Gates et par des membres de sa propre famille. Cette décision, qui porte sur plus de 80 % de sa fortune, constitue la plus grosse donation individuelle jamais réalisée aux Etats-Unis.

C’est aussi ça la société libérale !

 

Nombreux sont les accusateurs du système libéral qui disent que ce système est entièrement orienté vers le profit. C’est faux. Le libéralisme laisse l’homme face à lui-même. Chaque homme choisit librement la manière dont il va se comporter. En d’autres termes, l’accusation qui est portée contre le libéralisme est plutôt un rejet des tendances de l’humanité.

 

Jusqu’à présent, l’alternative a consisté toujours à priver l’homme de choix et d’y substituer une bureaucratie plus ou moins totalitaire selon les régimes. La faiblesse de ces systèmes, au-delà du fait qu’ils vident les individus de leur substance en les privant de choix, est qu’ils sont aussi fondés sur une part d’organisation humaine : l’administration. Les défauts qu’on trouve dans la société se retrouvent aussi dans l’administration.

 

Ces systèmes connaissent aussi l’échec parce qu’ils détruisent le lien social : là où il existait avant une rencontre entre un sentiment de compassion des uns et un sentiment de reconnaissance des autres, il n’existe plus aujourd’hui qu’un « droit à » pour les uns et une contrainte pour les autres. Le projet généreux de l’Etat providence s’est retourné contre lui-même. Il ne s’agit évidemment pas de nier le bien-fondé de la redistribution qui assure un filet de sécurité souhaité par tous. Le propos est simplement de rappeler deux choses : 1- le visage de la société libérale dépend des hommes qui la compose, 2- le système bureaucratique de l’Etat Providence à un certain degré peut détruire le lien social plutôt que le créer.

 

Partant de ces constats, la meilleure chose pour la société n’est pas d’abandonner le libéralisme. C’est plutôt de changer les mentalités des acteurs de la société. On ne pourra évidemment pas changer l’homme ! En outre la recherche du profit a globalement prouvé être un facteur de progrès à en juger par la hausse de l’espérance de vie dans le monde. En réalité, le travail à accomplir est plutôt au niveau des mentalités de chacun, du sens des responsabilités morales tant sur le plan familial, social, ou environnemental. Nous sommes tous individuellement responsable de l’état de la société. Toutes nouvelles violences, révolutions ou autres désordres ne feraient qu’aggraver les choses alors qu’il faut simplement que chacun change de comportement. Facile à dire…

 

David Méheut

16.04.2006

Procédure de clémence: une mini-révolution juridique en France

La semaine qui vient de s'écouler a vu une première: un membre de cartel a dénoncé son existence à la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, la Consommation et la Répression des Fraudes) et en échange s'est vu reconnaître une immunité. Il s'agissait de la première application de la procédure de clémence qui est une des nouvelles armes de la lutte contre les pratiques anti-concurrentielles.

Cette procédure très courante aux Etats-Unis fait l'effet d'une mini-révolution dans le système juridique français. En effet, en grossissant le trait, notre système reste assez largement cartésien. Aussi, l'idée d'absoudre un coupable heurte nos grands "principes".

De manière générale, notre conception du droit et de la société ne souffre pas l'imperfection. Pour nous, la loi ne peut être que juste parce qu'expression de la volonté générale. Douce fiction qui finit par devenir dangereuse tant elle est éloignée de la réalité humaine.

La prime au délateur instituée par le régime de clémence est inspirée d'un calcul coût/avantage: il est évidemment très difficile de démasquer et prouver l'existence d'un cartel. Si on crée un conflit d'intérêts entre les membres et on augmente le risque pour eux d'être démasquer, on facilitera la lutte anti-cartels. Ce type de résultat vaut bien de laisser un coupable impuni.

C'est également ce type de raisonnement qui a présidé à l'instauration du plaider-coupable en matière pénale dans le cadre de la loi Perben.

Il est heureux que notre droit commence à s'adapter à l'être humain tel qu'il est et non tel que nous aimerions qu'il soit. Paradoxalement cela donne de meilleurs résultats pour la société.

David Méheut

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