18.09.2009

Les responsables de la pauvreté sans fin du débat politique

Ca me frappe depuis quelques jours : jamais nous ne sommes tombés aussi bas dans le niveau du débat politique. Je n'ose pas dire qu'on touche le fond, l'avenir m'inquiète sur ce sujet.

 

Récapitulons les différentes polémiques des 15 derniers jours :
1) La buzz sur Brice Hortefeux, et la chasse à l'homme médiatique qui s'en est suivie
2) Le geste - certes déplacé - de Besson à l'égard d'un journaliste
3) La polémique pour savoir si oui ou non Sarkozy a fait placer derrière lui une femme plus petite que lui
4) La polémique lancée à partir de chiffres fantaisistes par le syndicat SUD sur le coût de la visite de Sarkozy dans un hôpital où il était invité
Utilité de ces 4 polémiques : nulle
Temps consacré dans les médias : immense

 

Et pendant ce temps là, le G20 - destiné à prendre des mesures pour que la crise actuelle ne se reproduise plus - se prépare, et alors là, ça n'intéresse quasi-personne, et surtout pas la gauche.
Même s'il est vrai que le gouvernement a prêté le flanc aux critiques, je suis effaré de voir que ces dernières se focalisent sur des broutilles alors que, dans le même temps, les socialistes disent "Circulez y'a rien à voir" sur les fraudes au sein de leur parti.

 

Qui est responsable de cette faiblesse ?
A priori 4 entités sont impliquées :

  • L'opposition - d'où qu'elle vienne - a une grande part de responsabilité : en demandant la démission de tel ou tel pour avoir osé blaguer, elle démontre son incapacité à analyser objectivement le travail de fond. Vous remarquerez qu'elle a demandé la démission de Brice Hortefeux sans jamais mentionner son bilan ou son travail, ce qui me semble surréaliste.
  • Le gouvernement a inutilement prêté le flanc aux critiques.
  • Les médias : ils sont entre le marteau et l'enclume. Ils doivent à la fois maintenir leur audience (télévisuelle ou écrite) et traiter l'information pour ne pas se transformer en vulgaire page de faits divers. A mon sens, ils manquent parfois un peu de caractère, même s'ils sont otages de leur besoin d'audience.
  • Le peuple : c'est là qu'est la clé. Je pense que le peuple n'est pas toujours à la hauteur des enjeux, et qu'il se focalise spontanément sur des broutilles. Ces récentes pomémiques, par le succès qu'elles ont rencontré sur Internet, montre malheureusement que les gens y accordent de l'importance.

 

Dans la mesure où le traitement de l'information n'est plus réalisé par les dirigeants de gauche (trop affairés à s'entretuer) ni par les médias traditionnels (concurrencés par Internet), ce traitement de l'information doit, dans la mesure du possible, être fait par le peuple lui même.

 

C'est donc la conjonction de l'effondrement idéologique de l'opposition et de l'affaiblissement des médias traditionnels qui est responsable de cette chute du niveau du débat politique ; et si ces deux paramètres ne changent pas, il va falloir que le peuple lui-même fassent le tri des informations utiles inutiles.

 

Vaste chantier...